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La fixation d’objectifs

La fixation d’objectifs

Très abordée en préparation mentale, la fixation d’objectifs est très importante, car elle donne un véritable sens à une séance, une préparation, une année, une carrière…

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

L’idée, c’est de définir des objectifs mesurables. Le terme mesurable passe un peu inaperçu dans la définition ; c’est pourtant le point le plus important ! Voici un exemple d’illustration, dans un autre sport (ça détend… !).

Imaginez un instant que vous soyez l’entraîneur d’un athlète qui court sur le 100m à haut niveau. Vous êtes son préparateur mental, et vous devez l’accompagner jusqu’aux prochains JO. Vous avez un contrat de 4 ans, et en accord avec le sportif, l’entraîneur, et le préparateur physique, vous définissez un objectif clair : devenir champion olympique. Vous mettez tout en œuvre, tout le monde travaille sans ménagement. Et malheureusement, le jour de la finale du 100m, il fait second de la course. Le sportif, à la télévision, dit être un peu déçu. Dans la réalité, le lendemain, vous le récupérez à la petite cuillère, car dans 90% des cas, le sportif considèrera que c’est un échec. A votre avis pourquoi ? Et comment rebondir ?

Réponse : l’objectif de départ n’est pas le bon, car il n’est pas mesurable. En effet, il dépend des autres athlètes…et ça change tout. En tant que préparateur mental, vous n’auriez pas dû laisser passer ça. A l’heure actuelle, le record du 100m est de 9″58. L’objectif réel de l’athlète n’est pas de devenir champion olympique, surtout pas. L’objectif c’est de courir le 100m en 9″57, et qu’il en soit conscient. Autrement dit, si le jour de la finale votre sportif court en 9″56 et qu’un autre le devance, l’échec sera plus facile à accepter. « Et oui, quelqu’un a fait mieux que toi, mais tu as travaillé pour faire mieux que ton record personnel, mieux que le record du monde, et tu les as tous les deux battus. Bravo ! Après, c’est le jeu, quelqu’un a été meilleur que toi aujourd’hui, mais tu n’as rien à te reprocher, tu as tout fait pour réussir. »

En résumé : il faut éviter au maximum les objectifs de « place ». Dans la réalité, cela peut devenir un objectif, mais pour une poignée de sportifs uniquement, et dans des cas exceptionnels…

 

Et en escalade alors ?

C’est bien sympathique la théorie, mais comment ça se passe en escalade ? Eh bien justement, c’est l’une des activités les plus complexes de ce côté-là (encore une fois !).

Ne pas avoir d’objectif de place, c’est largement envisageable, et on comprend encore mieux que sur un 100m le côté aléatoire de notre discipline. Alors, l’erreur classique à ne pas faire, c’est donner des objectifs de cotations. En effet, il est rare d’avoir un niveau uniforme ; combien de grimpeurs courent dans le 8a en dévers et se mettent des frayeurs dans des dalles en 7b ?

En fait, il faudrait pouvoir envisager des objectifs sur différents plans : physique (pour le prep physique ou l’entraîneur), technique, tactique, mental etc.

Par exemple, venir sur un entraînement avec un objectif mental concernant l’acceptation du regard des autres. Le grimpeur doit pouvoir le mesurer (auto-évaluation : « j’ai réussi dans 80% des cas).

 

Voici quelques conseils :

– Il ne faut pas un objectif, mais des objectifs.

– Il faut planifier les objectifs

– Il faut montrer au sportif qu’il réussit, il faut mesurer, tester, formaliser

– N’hésitez pas, pour atteindre un objectif, à en créer des nouveaux.

 

Il existe de nombreux outils sur le net pour vous aider à définir des objectifs : SMART, MALIN par exemple.

C’est déjà un premier pas vers la démarche de fixation d’objectif !